Le Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) Français à l'UNESCO

Les conventions de l’UNESCO dans le domaine de la culture ont été rédigées et adoptées suite à la demande des États membres d’élaborer des normes internationales susceptibles de servir de base à la définition de politiques culturelles nationales et de renforcer la coopération entre eux.

La Conférence générale de l’UNESCO a adopté en 2003, à sa 32e session, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

L’adoption de la Convention a marqué un jalon de l’évolution des politiques internationales de promotion de la diversité culturelle, car, pour la première fois, la communauté internationale reconnaissait la nécessité de soutenir un type de manifestations et d’expressions culturelles qui n’avait jusque-là pas bénéficié d’un cadre légal et programmatique de cette ampleur.

Depuis, 14 candidatures de la France ont été retenues et figurent sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel :

 

2008 - Géants et dragons processionnels de Belgique et de France

2008 - Géants et dragons processionnels de Belgique et de France

2008 - Géants et dragons processionnels de Belgique et de France

Les processions traditionnelles d’immenses effigies de géants, animaux ou dragons recouvrent un ensemble original de manifestations festives et de représentations rituelles. Apparues à la fin du quatorzième siècle dans les processions religieuses de nombreuses villes européennes, ces effigies ont conservé un sens identitaire pour certaines villes de Belgique (Ath, Bruxelles, Dendermonde, Mechelen et Mons) et de France (Cassel, Douai, Pézenas et Tarascon) où elles restent des traditions vivantes. Ces géants et dragons sont de grands mannequins pouvant mesurer jusqu’à neuf mètres de haut et peser jusqu’à 350 kg. Ils représentent des héros mythiques ou des animaux, des métiers ou des figures locales contemporaines, des personnages historiques, bibliques ou légendaires. Le combat de Saint George contre le Dragon est mis en scène à Mons, le cheval Bayard issu du cycle de Charlemagne défile à Dendermonde, tandis que Reuze Papa et Reuze Maman, personnages populaires et familiaux, paradent à Cassel. Les processions, qui associent souvent des cortèges laïcs à des cérémonies religieuses, diffèrent d’une ville à l’autre mais obéissent chacune à un rituel précis où le géant a trait à l’histoire, à l’origine légendaire ou à la vie de la cité. Géants et dragons animent ainsi au moins une fois par an des fêtes populaires dont ils sont les acteurs principaux, chaque effigie ayant sa fête à une date fixe. Ils mettent en scène des histoires et dansent dans les rues, accompagnés de fanfares et de groupes de personnes costumées. La foule suit le cortège et nombreux sont ceux qui participent aux préparatifs à différentes étapes de la fête. La création d’un géant, de même que son entretien permanent, nécessite des heures de travail et la maîtrise de plusieurs techniques en raison de la variété des matériaux utilisés. Si ces manifestations ne sont pas menacées de disparition dans l’immédiat, elles subissent toutefois un certain nombre de pressions telles que la transformation des centres urbains et l’afflux touristique, au détriment de la dimension populaire et spontanée de la fête.

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2009 - La tapisserie d’Aubusson

2009 - La tapisserie d’Aubusson

2009 - La tapisserie d’Aubusson

Tradition pluriséculaire, l’artisanat de la tapisserie d’Aubusson consiste dans le tissage d’une image selon des procédés pratiqués à Aubusson et quelques autres localités de la Creuse (France). Cet artisanat produit des tentures généralement de grande taille destinées à orner des murs, mais aussi des tapis et des pièces de mobilier. La tapisserie d’Aubusson s’appuie sur une image de tout style artistique, préparée sur un carton par un peintre cartonnier. Le tissage est effectué manuellement par un lissier sur un métier à tisser placé à l’horizontale, sur l’envers de la tapisserie, à partir de laines teintes artisanalement sur place. Ce procédé exigeant implique un temps de réalisation et un coût importants. Les tapisseries d’Aubusson sont une référence dans le monde entier, au point qu’« Aubusson » est devenu un nom commun dans certaines langues. La production de tapisseries à Aubusson et à Felletin fait vivre trois petites entreprises et une dizaine d’artisans lissiers indépendants, suscitant une activité induite significative (production de laine et filature, commerce, produits dérivés, musée, expositions et tourisme). Pour stabiliser le niveau d’activité et éviter la rupture de la chaîne de transmission, il est nécessaire d’intéresser les jeunes générations et de promouvoir ce patrimoine.

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2009 - La tradition du tracé dans la charpente française

2009 - La tradition du tracé dans la charpente française

2009 - La tradition du tracé dans la charpente française

L’art du tracé de charpente vise à maîtriser en trois dimensions la conception d’un édifice complexe en bois. Ce savoir-faire traditionnel va à contre-courant de la standardisation contemporaine, en valorisant la place de la personne du bâtisseur dans la construction et en insufflant une pensée créatrice aux bâtiments. Le tracé de charpente regroupe les moyens graphiques en usage depuis le XIIIe siècle en France permettant d’exprimer par le dessin et avec la plus grande précision la réalité des volumes d’un édifice, de leurs imbrications ainsi que les caractéristiques des pièces de bois qui permettent de les composer. Il fait l’objet d’un enseignement particulier, tout à fait distinct de la théorie et de la pratique de l’architecture. Par ce procédé le charpentier peut déterminer au sol et en préfabrication toutes les pièces, aussi complexes soient-elles, et être ainsi certain qu’au moment de la mise en place de la charpente tous les assemblages s’emboiteront parfaitement. Les charpentiers appartenant aux sociétés de compagnonnage reconnaissent en outre à l’art du tracé une portée symbolique et initiatique, qui demeure confidentielle. Cet art occupe un rôle central dans le système de valeurs des Compagnons du Tour de France, par exemple. L’enseignement particulier du tracé est actuellement assuré dans plusieurs dizaines de centres de formation, maisons de compagnons et entreprises.

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2009 - Le Maloya

2009 - Le Maloya

2009 - Le Maloya

Le Maloya est à la fois une forme de musique, un chant et une danse propres à l’île de la Réunion. Métissé dès l’origine, le Maloya a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population de l’île. Jadis dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions, le Maloya prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées, au niveau des textes comme des instruments (introduction de djembés, synthétiseurs, batterie…). Chanté et dansé sur scène par des artistes professionnels ou semi-professionnels, il se métisse avec le rock, le reggae ou le jazz, et inspire la poésie et le slam. Autrefois dédié au culte des ancêtres dans un cadre rituel, le Maloya est devenu peu à peu un chant de complaintes et de revendication pour les esclaves et, depuis une trentaine d’années, une musique représentative de l’identité réunionnaise. Toutes les manifestations culturelles, politiques et sociales sur l’île sont accompagnées par le Maloya, transformé de ce fait en vecteur de revendications politiques. Aujourd’hui, il doit sa vitalité à quelque 300 groupes recensés dont certains artistes mondialement connus, et à un enseignement musical spécialisé au Conservatoire de la Réunion. Facteur d’identité nationale, illustration des processus de métissages culturels, porteur de valeurs et modèle d’intégration, le Maloya est fragilisé par les mutations sociologiques ainsi que par la disparition de ses grandes figures et du culte aux ancêtres.

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2010 - Le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier

2010 - Le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier

2010 - Le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier

Le système français du compagnonnage est un moyen unique de transmettre des savoirs et savoir-faire liés aux métiers de la pierre, du bois, du métal, du cuir et des textiles ainsi qu’aux métiers de bouche. Son originalité tient à la synthèse de méthodes et procédés de transmission des savoirs extrêmement variés : itinérance éducative à l’échelle nationale (période dite du « Tour de France ») voire internationale, rituels d’initiation, enseignement scolaire, apprentissage coutumier et technique. Le mouvement du compagnonnage concerne près de 45 000 personnes qui appartiennent à l’un des trois groupes de compagnons. Les jeunes à partir de 16 ans qui veulent apprendre et/ou développer leurs compétences dans un métier donné peuvent demander à rejoindre une communauté de compagnons. La formation dure en moyenne cinq ans pendant lesquels l’apprenti change régulièrement de ville, en France et à l’étranger, pour découvrir divers types de savoirs et diverses méthodes de transmission de ces savoirs. Pour pouvoir transmettre son savoir, l’apprenti doit produire un « chef-d’œuvre » qui est examiné et évalué par les compagnons. Le compagnonnage est généralement perçu comme étant le dernier mouvement à pratiquer et enseigner certaines techniques professionnelles anciennes, à assurer une formation à l’excellence dans le métier, à lier étroitement développement de l’individu et apprentissage du métier et à pratiquer des rites d’initiation propres au métier.

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2010 - Le repas gastronomique des Français

2010 - Le repas gastronomique des Français

2010 - Le repas gastronomique des Français

Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles. Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ». Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table). Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

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2010 - Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon

2010 - Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon

2010 - Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon

Le point d’Alençon est une technique rare de production de dentelle à l’aiguille, pratiquée à Alençon en Normandie dans le Nord-Ouest de la France. La dentelle au point d’Alençon doit son caractère singulier au haut niveau de savoir-faire requis et au temps très long qu’il faut pour la produire (sept heures par centimètre carré). Les pièces de textile ajouré réalisées selon cette technique sont utilisées à des fins d’ornementation civile ou religieuse. La pièce est composée de motifs raccordés entre eux par un réseau très fin. Son exécution nécessite plusieurs étapes successives : le dessin et le piquage du motif sur le parchemin, la réalisation de la base des motifs et des mailles transparentes en arrière plan, puis les points représentatifs des décors, les remplis pour créer des ombres, diverses modes décoratives, et enfin les brodes pour donner le relief. Interviennent ensuite le levage pour détacher la dentelle du parchemin à l’aide d’une lame de rasoir, l’éboutage et enfin le luchage qui consiste à polir les remplis à l’aide d’une pince de homard. Chaque dentellière connaît toutes les étapes de réalisation de la dentelle et ce savoir ne peut être transmis que par l’apprentissage pratique. Pour maîtriser totalement la technique du point d’Alençon, il faut entre sept et dix ans de formation. L’apprentissage, qui suppose un lien étroit entre la dentellière spécialisée et l’apprentie, repose exclusivement sur la transmission orale et l’enseignement pratique.

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2011 - L’équitation de tradition française

2011 - L’équitation de tradition française

2011 - L’équitation de tradition française

L’équitation de tradition française est un art de monter à cheval ayant comme caractéristique de mettre en relief une harmonie des relations entre l’homme et le cheval. Les principes et processus fondamentaux de l’éducation du cheval sont l’absence d’effets de force et de contraintes ainsi que des demandes harmonieuses de l’homme respectant le corps et l’humeur du cheval. La connaissance de l’animal (physiologie, psychologie et anatomie) et de la nature humaine (émotions et corps) est complétée par un état d’esprit alliant compétence et respect du cheval. La fluidité des mouvements et la flexibilité des articulations assurent que le cheval participe volontairement aux exercices. Bien que l’équitation de tradition française soit exercée dans toute la France et ailleurs, la communauté la plus connue est le Cadre Noir de Saumur, basé à l’École nationale d’équitation. Le dénominateur commun des cavaliers réside dans le souhait d’établir une relation étroite avec le cheval, dans le respect mutuel et visant à obtenir « la légèreté ». La coopération entre générations est solide, empreinte de respect pour l’expérience des cavaliers plus anciens et riche de l’enthousiasme des plus jeunes. La région de Saumur est également le foyer des enseignants, des éleveurs, des artisans (selliers, bottiers), des services vétérinaires et des maréchaux ferrants. De fréquentes présentations publiques et des galas donnés par le Cadre Noir de Saumur contribuent à assurer la visibilité de l’équitation de tradition française.

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2012 - Le fest-noz, rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne

2012 - Le fest-noz, rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne

2012 - Le fest-noz, rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne

Le fort mouvement culturel breton a préservé cette expression d’une pratique vivante et en perpétuel renouvellement de répertoires de danse hérités avec plusieurs centaines de variantes et des milliers d’airs. Environ un millier de fest-noz ont lieu tous les ans avec des fréquentations qui varient d’une centaine à plusieurs milliers de personnes, des milliers de musiciens et de chanteurs, et des dizaines de milliers de danseurs réguliers. Au-delà de la pratique de la danse, le fest-noz se caractérise par une intense convivialité entre chanteurs, musiciens et danseurs, une importante mixité sociale et intergénérationnelle et une ouverture aux autres. Traditionnellement, la transmission s’opère par immersion, observation et imitation, bien que des centaines de passionnés aient œuvré avec les détenteurs de traditions à recueillir les répertoires et jeter les bases de nouveaux modes de transmission. Aujourd’hui, le fest-noz est au centre d’un intense bouillonnement d’expériences musicales et a généré une véritable économie culturelle. De nombreuses rencontres ont lieu entre chanteurs, musiciens et danseurs de Bretagne et de diverses cultures. En outre, beaucoup de nouveaux habitants de villages bretons utilisent le fest-noz comme un moyen d’intégration, d’autant qu’il participe fortement au sentiment d’identité et de continuité des Bretons.

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2013 - Les ostensions septennales limousines

2013 - Les ostensions septennales limousines

2013 - Les ostensions septennales limousines

Largement soutenues par les villes et villages locaux, les festivités attirent un grand nombre de personnes qui se rassemblent pour voir les reliquaires défiler dans les villes accompagnés de drapeaux, de bannières, de décorations et de personnages historiques costumés. Les ostensions septennales appartiennent à toute la population du Limousin et les habitants — qu’ils soient chrétiens ou non — se considèrent comme les détenteurs de la tradition. Les confréries et les comités s’engagent activement dans la transmission (à la fois orale et écrite) des connaissances, des savoir-faire et des objets en lien avec cette pratique. La préparation des ostensions par les communes commence un an à l’avance et mobilise les connaissances et savoir-faire de nombreux artisans, ecclésiastiques locaux, élus, associations caritatives et bénévoles ainsi que des chorales, des orchestres et des groupes de musique qui font revivre la mémoire des ostensions. La préparation permet également de renforcer les liens sociaux tandis que les festivités favorisent l’intégration des nouveaux et des anciens habitants et sont l’occasion de réunions familiales, les membres partis vivre ailleurs revenant pour participer aux célébrations.

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2014 - Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l'identité guadeloupéenne

2014 - Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l'identité guadeloupéenne

2014 - Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l'identité guadeloupéenne

Le gwoka combine le chant responsorial en créole guadeloupéen, les rythmes joués aux tambours ka et la danse. Dans sa forme traditionnelle, le gwoka associe ces trois domaines d’expression en valorisant les qualités individuelles d’improvisation. Les participants et le public forment un cercle dans lequel les danseurs et le soliste entrent à tour de rôle, en faisant face aux tambours. Le public frappe des mains et chante le refrain imposé par le soliste. Plusieurs milliers de personnes pratiquent régulièrement le gwoka lors de soirées populaires de gwoka en plein air, où le cercle fonctionne comme un lieu de valorisation des talents individuels. La pratique et le savoir-faire liés à la fabrication des tambours ka se transmettent de façon informelle, dans le cercle familial et amical, mais aussi de plus en plus dans des ateliers formels et des écoles de danse et de musique traditionnelles. Le gwoka est l’un des éléments les plus emblématiques de la société guadeloupéenne et ses expressions contemporaines explorent de nouvelles pistes musicales, chorégraphiques ou chantées. Il accompagne les temps forts de la vie quotidienne ainsi que les manifestations festives, culturelles et profanes. Il accompagne également des mouvements de revendications sociales et politiques. Il renforce l’identité et procure un sentiment de valorisation collective et de fierté individuelle, en portant des valeurs de convivialité, de résistance et de dignité.

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2015 - Les fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées

2015 - Les fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées

2015 - Les fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées

Célébrations rituelles, cycliques, pratiquées la même nuit tous les ans, quand le soleil arrive à son apogée et le feu devient alors le reflet de l’astre. À l’origine païennes (cultes au Soleil), plus tard christianisées (Saint-Jean Baptiste, Saint-Jean Evangéliste), aujourd’hui devenues fêtes collectives et socialisantes, elles gardent toujours leur atmosphère magique et symbolique, témoignant de l’amalgame de croyances, coutumes et rituels. La nuit arrivée, ayant préparé, selon des savoir-faire traditionnels, les falles, halhes ou halhas (latin facula, torche), les haros, taros, harts ou faros (grec pharos, phare) et les brandons (francique brand, tison; occitan brandou, rameau vert, couronnant le brandon) ces communautés commencent, rituellement, des parcours forts en sensations et émotions. Du haut de la montagne (faro), où est allumé un bûcher, jusqu’au village, ou juste dans le village, serpentent ou tournent les falles enflammés, sur un fond d’émotions et de hurlements, jusqu’aux falles majors, haros, brandons (grands troncs travaillés et dressés sur la place) ou taro (tronc dressé puis traîné dans les rues par toute la population) qui sont alors mis à feu, répandant les vertus purificatrices, vivificatrices et fertilisantes des flammes et des fumées sur la montagne, les champs, les villages et leurs populations. Pour les jeunes, la première descente est un moment très spécial: le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Une pensée pour les compagnons disparus est partagée dans l’émotion et le recueillement. Espaces culturels (faros, parcours, places), repas communautaires et folklore populaire sont associés aux célébrations. Au matin, on emporte des tisons ou des cendres pour protéger foyers et jardins.

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2016 - Le carnaval de Granville

2016 - Le carnaval de Granville

2016 - Le carnaval de Granville

Préparé pendant six mois, le carnaval se déroule durant les quatre jours précédant le Mardi gras, avant le traditionnel jeûne du calendrier chrétien. Son origine demeure inconnue. C'est au cours du XIXe siècle qu'il prend sa forme actuelle. Le carnaval était alors porté par les communautés de marins pour qui il constituait un temps de fête avant une longue absence. Porté aujourd’hui par toute la population, ce rituel annuel s’ouvre avec la prise de possession symbolique de la ville par le Roi carnaval – figure en papier mâché – auquel le Maire remet les clefs de la cité. Plusieurs cavalcades comprenant une quarantaine de chars et ponctuées de fanfares se déroulent du samedi au mardi. Si le dimanche rassemble le plus grand nombre de spectateurs, accourus de toute la Normandie et au-delà, le mardi est essentiellement fréquenté par les Granvillais et leurs voisins proches. Chacune se compose de plusieurs défilés simultanés qui convergent vers le centre de la ville. Trois bals, s’adressant selon les jours à des classes d’âge différentes, constituent des temps festifs particulièrement fréquentés par les carnavaliers. Le jugement du Roi et sa crémation dans le port clôturent le carnaval. La fête se poursuit place de la Mairie par une gigantesque bataille de confettis. Elle se termine par une nuit "d’intrigues” où, rendu méconnaissable par le déguisement, seul ou en groupe, on plaisante anonymement avec des amis et des proches, distillant à leur sujet plaisanteries et rumeurs avérées ou non. Parfois en toute impunité, certains règlent leurs comptes avec une connaissance ou une personnalité. La forme du carnaval, bien que structurée, n'est pas figée dans le temps. Des éléments ont été introduits à certaines époques, comme la bataille de confetti, d’autres sont oubliés puis renaissent ultérieurement. Les parcours des cavalcades se modifient avec la géographie urbaine et la localisation de rituels forts, telle la crémation du Roi carnaval, s’est déplacée dans la ville.

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2016 - La fauconnerie, un patrimoine humain vivant

2016 - La fauconnerie, un patrimoine humain vivant

2016 - La fauconnerie, un patrimoine humain vivant

La fauconnerie est l’activité traditionnelle qui consiste à conserver et dresser des faucons et autres rapaces pour attraper du gibier dans son environnement naturel. Utilisée à l’origine pour se procurer de la nourriture, elle est associée à l’esprit de camaraderie et de partage, plus qu’à la subsistance. On la trouve principalement le long des itinéraires et corridors de migration. Elle est pratiquée par des personnes de tous âges, hommes ou femmes, amateurs ou professionnels. Les fauconniers développent une relation forte et un lien spirituel avec leurs oiseaux ; une forte implication est nécessaire pour élever, former, dresser et faire voler les faucons. La fauconnerie est transmise de génération en génération en tant que tradition culturelle de multiples manières, parmi lesquelles l’apprentissage, l’éducation au sein de la famille ou la formation plus formelle dans des clubs. En Mongolie, au Maroc, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, par exemple, les fauconniers emmènent leurs enfants dans le désert et leur apprennent à maîtriser l’oiseau et à établir une relation de confiance avec lui. Si les fauconniers sont d’origines très diverses, ils partagent des valeurs, des traditions et des pratiques communes que l’on retrouve dans le monde entier, notamment les méthodes d’entraînement des oiseaux et la façon de s’en occuper, l’équipement utilisé et le lien affectif entre le fauconnier et l’oiseau. La fauconnerie est le socle d’un patrimoine culturel plus large, qui inclut des costumes traditionnels, une alimentation, des chants, de la musique, de la poésie et des danses, autant de coutumes entretenues par les communautés et clubs qui la pratiquent.

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Source Ministère de la Culture National

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